Archives de catégorie : 3.6 La biopsie et ma première séquelle

Une “Biopsie” pas comme les autres

Jour 14 – SEPTEMBRE 2016

Les choses étant bien réelles, concrètes et inquiétantes, ma mère vient la veille à la maison pour gérer les enfants et pouvoir venir me voir à l’hôpital.

On ne change rien à ce qui est prévu. Mon fils cadet attend avec impatience d’aller voir son chanteur préféré en concert avec mon mari. Moi, je rentre à l’hôpital la veille de la biopsie.

Jour 15 – SEPTEMBRE 2016

“C’est juste un prélèvement”

Quelle escroquerie ! Pourquoi certains médecins minimisent tout ?

Première nuit donc à l’hôpital. J’ai une voisine de chambre sympa. Je ne réalise pas trop. Je suis plutôt de bonne humeur, pas vraiment inquiète puisque je pars sur l’idée que j’ai une maladie du sang, sans me la représenter. Je m’attends donc à une maladie, pas à un cancer.

De retour du bloc : Le chirurgien m’explique qu’il m’a retiré un bout de la tumeur en la décollant de mon poumon droit et du coup, ma cage thoracique a été bien écartée et c’est pour cela qu’elle me fait souffrir ; j’ai des douleurs dans le dos et dans le bras droit insupportables !

J’apprends ensuite qu’on m’a placé un drain pour évacuer le liquide resté dans le médiastin. Ne m’en demandez pas plus mais j’ai un flacon branché à mon thorax qui se vidait régulièrement d’un liquide jaunâtre. Pas très ragoutant. Obligée de la transporter pour aller aux toilettes bien sûr, du moins une fois que j’arriverai à me lever. C’est très étrange cette espèce de poche rattachée à mon thorax. J’en ai des frissons rien qu’à l’écrire.

Je reste un jour de plus à l’hôpital à cause du drain qui rejette toujours du liquide.

Le dernier jour, l‘infirmier me prépare pour le retirer. Je le sens stressé, hésitant. Il m’emmène dans une petite salle de soin mais il va et vient tout le temps. J’ai froid et il me stress. Je ne le sens pas du tout sûr de lui. Il revient, me demande si je suis prête. J’ai envie de lui demander “Et vous ?”. Il me fait tourner la tête, me dit de me décontracter, qu’il va tirer dessus, et là, l’horreur, la douleur m’envahit. Il ne l’a pas tiré mais arraché d’un coup violemment ! Il avait bien essayé de me faire parler pour que je pense à autre chose mais c’est raté. Une douleur subite, violente et effroyablement douloureuse. J’avais l’impression qu’il avait aspiré les chairs de mon thorax. Mon bras s’est transi de douleur. Plusieurs minutes passent pendant lesquelles je suis comme paralysée de douleur mais les larmes, elles arrivent immédiatement. Les prémisses d’un longue série qui allait durer 8 mois.

J’ai appris plus tard que le retrait du drain aurait pu se faire sous anesthésiant. Contente de l’avoir su après.

Après les bévues de la secrétaire du radiologue, de l’interne en service de médecine interne, je venais de subir mon premier mauvais traitement.

Quand on a un cancer, on passe déjà par la case “double opération”.

La première pour aller voir ce qui se passe, identifier la tumeur et en prendre un petit morceau.

Et une autre pour la pose de la chambre implantable pour la chimio. Mais ça, je ne le sais pas encore.

Le chirurgien aurait pu faire d’une pierre deux coups me dit-il mais selon ses dires, il ne m’avait pas prévenue et me sentait trop stressée. Tu m’étonnes ! Donc si j’analyse la situation, avec du recul bien sûr, tout cela veut dire qu’en ayant vu la tumeur et qu’avant même qu’elle ne soit analysée, il savait déjà, lui, qu’elle était cancéreuse puisqu’il voulait me poser la chambre implantable ! Mais ça, il ne peut pas me le dire ni me le faire, c’est trop stressant comme il dit et il n’y a que les résultats écrits de l’analyse du prélèvement qui peut le confirmer…. Respire…

“médiastinotomie antérieure droite”

Voici le vraie nom de ma “biopsie” qui n’a pas été un simple prélèvement comme ils disent. C’était une véritable opération dans laquelle le thorax est ouvert et écarté (je vous épargne le schéma traumatisant rien que visuellement) qui a encore des répercussions aujourd’hui, à deux ans de rémission. On ne me dira qu’un peu plus tard que les opérations du thorax peuvent avoir des conséquences pendant au moins deux ans. Heureusement que ça ne devait qu’une biopsie, “qu’un prélèvement” !

L’importance des mots …

Première séquelle : mon thorax

Heureusement que j’ai déjà des séances de kinésithérapie, un ostéopathe qui m’aide à décontracter ce thorax meurtri. Lorsque je fatigue, il me pèse, m’écrase, me fait mal autour de l’intervention. Il est douloureux au toucher. Lorsque je suis stressée, c’est pareil. C‘est mon nouveau signal d’alarme du stress maintenant !

9 mois après, il faudra encore que je m’allonge au moins trois fois dans la journée. Quant à la suite…

J’ai une belle cicatrice mais un creux c’est formé juste dessous, comme si on m’avait enlevée une partie de mes côtes ou de mes chairs.

Ne serait-ce pas le retrait du drain ? Ou l’opération en elle-même ? Ma kinésithérapeute pense que ça va certainement s’estomper, le temps que les muscles se replacent. Mais 8 mois après la biopsie, ce creux sera toujours là. Elle se demande quand même si le chirurgien ne m’a pas enlevée de la graisse ou un muscle. La réponse sera trouvée quelques mois après les traitements et je trouverai une solution pour ne plus voir ce creux…

A suivre…