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Une avancée mais ENCORE une étape à franchir : dernière chirurgie

octobre 2017 – 8ème mois de rémission

Lors de mon dernier rendez-vous de contrôle avec l’hématologue, il m’informe qu’on va pouvoir retirer le PAC. Je devrais être contente mais je suis inquiète. Terriblement inquiète. Cela l’étonne que je ne saute pas de joie étant donné toutes les fois où j’ai fait savoir qu’il me gênait mais je lui rappelle aussi que la manière dont il a été posé par le chirurgien m’a traumatisée et que le retrait m’angoisse. Il y a aussi la crainte qu’on me l’enlève trop tôt. Je ne l’aurai gardé qu’un an et deux mois alors qu’on avait annoncé 3 ans puis deux. Et si un cancer revient ? La secrétaire me rappellera pour me donner le rendez-vous de la chirurgie.

En sortant de la consultation, je croise une des deux infirmières référentes qui voit tout de suite que ça ne va pas. Je ne peux même pas lui dire quoi que ce soit, je fonds tout de suite en larme, complètement paniquée. Elle essaie de me rassurée mais je suis comme tétanisée de peur. Impossible de reprendre la voiture donc je m’arrête à la cafétéria de l’hôpital avec un thé et un cookie. Je m’isole dans un coin. Ça tombe bien, impossible de m’arrêter de pleurer. Je revis la pose de la chambre implantable et je refuse de revivre la même chose. J’appelle ma mère qui n’arrive pas non plus à me rassurer. On me tape sur l’épaule. Une voix douce me demande comment je vais et si je veux venir à table avec elle. J’ai tellement la tête ailleurs que j’ai du mal à la reconnaître … C’est ma gentille pharmacienne. Je la remercie mais il faut que l’angoisse passe. Les larmes passées, je reprends la voiture mais en gardant la terreur qui m’avait envahie.

Par chance, mon rendez-vous suivant avec la psychologue arrive très vite. Elle entend ma terreur et mes cauchemars et me conseille de faire appel à un autre chirurgien dans la clinique où j’ai fait mes rayons. Sitôt dit sitôt fait, je passe directement au secrétariat de chirurgie thoracique. Et s’il ne voulait pas me prendre ? J’explique, un peu stressée, ma situation à la secrétaire qui n’y voit aucun problème. Je suis soulagée. J’ai rendez-vous pour une consultation quelques semaines plus tard.

La consultation se passe très bien. Le chirurgien écoute mes craintes, m’assure que ça se passe toujours bien et très vite. J’ai rendez-vous le 4 décembre en ambulatoire.

J’ai un mois pour m’y préparer psychologiquement. J’essaie de ne pas trop y penser mais on ne se refait pas. Mais je me dis que ça ne peut pas être pire, alors j’avance en pensant de cette manière. Depuis les rayons, je m’étais mise à la méditation. Je me suis préparée un petit coin dans le salon avec une petite table, un bouddha, une plante, un lotus, un petit tabouret car mes genoux ne me permettent pas de m’asseoir en tailleur. Pas grave, je m’adapte. Donc là, je passe à la vitesse supérieure. Sur Youtube, on trouve toutes sortes de méditation. Voici mes préférées :

  • une harmonisation des chakras en médiation guidée : une méditation d’ancrage et d’alignement de 26 minutes, canalisée par William Yensen :

(lien sur l’image)

  • ou une version en 7 minutes :

(lien sur l’image)

  • un exercice de cohérence cardiaque sur des sonorités méditatives que je faisais déjà régulièrement pendant les rayons sur les conseils de mon magnétiseur. Cinq minutes avant de m’endormir, pendant un moment de stress ou même sans raison particulière. Le faire tous les jours apporte beaucoup de bénéfices. 

  • et bien-sûr, les musiques des Studios Ghibli qui m’emmènent dans une autre dimension avec une préférence pour “Le château dans le ciel”.

La secrétaire de l’hématologue m’appelle un jour pour me dire que le chirurgien a programmé mon intervention dans deux jours. J’étais en plein repérage des cadeaux de Noël pour mes enfants, à mille lieux de penser au retrait du PAC. Je n’avais pas de nouvelles depuis plus d’un mois, je pensais même que j’avais été oubliée comme la plupart du temps pour mon suivi pendant les traitements. Je suis à la fois abasourdie et énervée qu’on puisse prévenir les gens seulement deux jours avant pour une opération et à la fois désolée de lui dire que j’ai prévu l’opération dans un autre établissement pour éviter celui qui m’avait opérée la première fois, car en plus, impossible de choisir son chirurgien pour le retrait du PAC. Je ne pouvais pas me résoudre à repasser entre ses mains. 

début décembre 2017

Le jour tant redouté arrive. J’ai fait une cure d’homéopathie et mes tubes de granules d’Arnica, d’Ignatia Amara et de Gelsenium m’accompagnent jusqu’au dernier moment. Ma mère est venue avec moi. Je ne peux pas revivre de telles choses toute seule. La salle d’attente n’est qu’un couloir de passage des brancards. Nous sommes une vingtaine de patients mais une petite poignée pour le retrait et la pose du PAC. On discute, on se rassure les uns les autres. Enfin, là, ce sont plus les autres qui me rassurent. Mon esprit vagabonde, mon cœur bat la chamade, mes granules m’aident à passer le temps.

On m’appelle. Je passe dans une minuscule salle, un vestiaire où je passe la blouse ouverte derrière, les chaussons, la charlotte. L’infirmière revient vers moi pour m’annoncer que le chirurgien a eu une urgence et qu’il va falloir que j’attende une petite demi-heure… Respire… Ce n’est pas grave… j’en profite pour faire un exercice de cohérence cardiaque et mon harmonisation des chakras. Je me sens bien, j’ai confiance en ce nouveau chirurgien. A peine mon harmonisation terminée, l’infirmière vient me chercher. Le chirurgien est souriant et à l’écoute. Il accepte ma demande pour mettre de la musique, des chansons de mon quotidien. Il place tout simplement mon téléphone derrière la table et apprécie la musique. Il me rassure une nouvelle fois sur l’intervention et on discute beaucoup avec l’infirmière. Il utilise la moitié de la première cicatrice pour le retrait. Je suis rassurée, pas de cicatrice supplémentaire. Ma relaxation préalable et mes musiques m’ont apaisées.

Aucune douleur, aucune sensation d’ailleurs.

Le chirurgien me confie néanmoins qu’il comprend que l’opération de pose se soit mal passée car le PAC est très gros et qu’il date de 12 ans. Celui qu’il pose depuis cette période est deux fois moins gros. J’apprécie la confidence même s’il essaie de se justifier en disant qu’ils n’ont pas les mêmes moyens financiers mais il rajoute quand même que ça n’explique pas le fait que j’ai tout ressenti. Ma souffrance a enfin été entendue.

On m’a libérée de mon PAC sans douleur et j’ai reçu la reconnaissance tant attendue depuis plus d’un an sur la souffrance endurée de la pose.

Il faut maintenant que je cicatrise mais je suis enfin libre !