Le calvaire d’une deuxième chirurgie

1 Mois – Jour 7 : 30 SEPTEMBRE 2016

Le chirurgien cardio-thoracique : “Ce n’est rien, vous n’allez rien sentir”

Mon nouvel entourage du crabe confirme. On ne sent pas grand chose et la chambre implantable apporte beaucoup de bénéfices aux chimiothérapies.

Si vous qui me lisez, êtes sur le point de vous la faire poser, attendez que ça soit fait avant de lire la suite. En général oui, ça se passe bien mais dans mon cas, ça n’a pas été le cas.

Néanmoins, au jour d’aujourd’hui où je partage avec vous cette terrible expérience, j’ai beaucoup moins peur de la douleur. Elle m’a rendue plus forte.

Ce fut une vraie séance d’horreur et je revivrai pendant des mois sa pose et j’appréhende le jour où on va me la retirer.

Je l’ai ressentie comme une véritable agression physique. J’ai senti beaucoup trop de choses. On me farfouille, on appuie bien profondément, plusieurs fois, mon muscle bat la chamade et là, je n’ai que mes yeux pour pleurer et la main de l’infirmière à serrer. J’essaie de respirer calmement, de penser à autre chose mais ça ne marche pas, on m’appuie toujours à l’intérieur ! Stop !

Le chirurgien cardio-thoracique : “Bon maintenant je vais poser la chambre”

Moi : Comment ça ? Ça commence seulement ? Mais j’ai trop mal là.

Le chirurgien cardio-thoracique : “C’est parce que vous êtes tendue ; détendez-vous !”

J’ai tellement mal et je suis tellement choquée que je ne peux pas faire autre chose que pleurer. Je vois le regard compatissant de l’infirmière. Le mien l’appelle au secours.

A peine de retour dans ma chambre en ambulatoire, même pas rhabillée, mon plateau repas tout juste arrivé, l’ambulancier est là et m’attend.

Après avoir insisté un peu, je demande à ce qu’un autre vienne me rechercher un peu plus tard, le temps d’avaler quelque chose et de me rhabiller !

Le bras endolori, je me suis rhabillée toute seule comme j’ai pu. L’ambulance m’attend dehors mais je dois passer voir le médecin en charge de ma première hospitalisation. J’ai traversé les couloirs, pris l’ascenseur, et trouvé son bureau. Elle se rend tout de suite compte que je ne vais pas bien du tout et me prescrit des anti-douleurs. Je ne sais pas comment j’ai fait ensuite pour rejoindre l’ambulance.

Une demi-heure plus tard, me voilà chez moi, toute seule, dans mon canapé pour y passer toute l’après-midi. Après quelques instants pour retrouver mes esprits, c’est l’angoisse, la panique, le souvenir physique qui revient et ce truc dans ma chair qui est là, qui me fait mal, qui est là parce que j’ai un cancer et dans lequel on va m’injecter des produits chimiques à forte dose. La crise d’angoisse s’installe pendant trois heures ! Je pleure à en manquer de souffle, alternant avec la panique. Je ne supporte pas l’idée de sa présence, son utilité. J’ai envie qu’on me la retire. J’ai envie de me l’arracher. J’ai du mal à respirer. Mon médecin traitant est injoignable… J’appelle quand même les secours au bout de deux heures mais ils ne peuvent rien pour moi.

Les secours : “Détendez-vous”

Encore une fois ! C’est trop tard, je suis paniquée, terrorisée.

J’envoie un mail au médecin qui m’a suivie à l’hôpital et qui transmet une ordonnance à la pharmacie pour un calmant. Mon mari est encore au travail. Encore un peu d’attente et il ira à la pharmacie. Paradoxalement, le médicament, je le connais et j’ai trop peur qu’il me rende malade donc j’attends encore un peu, toujours en pleurant toutes les larmes de mon cœur et ma détresse. Je finis par prendre un somnifère et je m’endors. Je suis restée toute l’après-midi dans l’angoisse et la détresse.

Un mois après, je prends rendez-vous avec le chirurgien cardio-thoracique. Ma mère m’accompagne. Je lui explique que j’ai encore des douleurs, des palpitations et des pincements au dessus de la poitrine où est placée la chambre implantable, sans parler que je ne peux pas mettre la ceinture de la voiture correctement car elle passe juste dessus et nous essayons de lui faire comprendre ce que j’ai ressenti pendant la pose mais il me redit la même chose :

Le chirurgien cardio-thoracique : “C’est parce que vous étiez tendue. Tout va bien, elle est bien posée, la radio est normale. Ce n’est rien.”

Pour certains médecins, nous, malades, nous ne sommes que de la chair humaine, sans ressenti. L’acte chirurgical est fait, c’est bien, ils passent à un autre corps. Voilà comment je me sens après l’avoir rencontrée.

Heureusement, une fois le chirurgien sorti du cabinet, l’infirmière nous rassure et nous confie, navrée, qu’il manque cruellement de psychologie. Merci aux infirmières qui pallient ce manque et s’occupent aussi de ce qu’on peut ressentir physiquement mais surtout émotionnellement.

Je ressors de l’hôpital déçue, incomprise et loin d’être rassurée car mes douleurs, elles, sont bien réelles. Je me suis sentie salie, maltraitée tant par son acte que par le fait qu’il n’ait pas reconnu son erreur.

Mais malgré tout, j’ai pu me libérer de lui avoir dit ce que je pensais.

Maintenant, je vais pouvoir me préparer pour les chimios.

2 réflexions sur « Le calvaire d’une deuxième chirurgie »

  1. Bonjour,

    Je ne garde pas un bon souvenir de mes premiers jours de cohabitation avec le PAC. Mais contrairement à vous j’ai eu la chance qu’il me soit posé sous anesthésie générale ! Ce que vous décrivez est un générateur de crise d’angoisse. Quelle épreuve !

  2. C’est exactement ça. Le chirurgien m’a opérée sous anesthésie locale sans anesthésiste et n’a même pas envisagé une seconde de me réinjecter un anesthésiant. C’est bientôt fini disait-il !😤
    Pour le retrait, j’ai changé d’établissement. Le nouveau chirurgien a confirmé que ce n’était pas normal, que normalement tout se passe bien… Je vous raconterai tout ça. Merci pour le commentaire.

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