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Mes symptômes

Jour 1 : août 2016

Sans le savoir, je suis au jour 1 de ma prise en charge du cancer.

Me voici chez mon médecin traitant sur les conseils de ma kinésithérapeute (merci Marie !!!) pour ma troisième bosse inexpliquée sur le tibia.

Pour être plus précise, c’est la remplaçante mais j’ai l’habitude de la voir en alternance de mon médecin traitant car elle assure plusieurs jours dans la semaine et des vacances. 

Je ne me souviens pas de m’être particulièrement cognée. Mais franchement, le nombre de fois où l’on se cogne les jambes à un coin de table, on n’y fait pas vraiment attention !

Donc on fait un petit bilan.

Je lui explique que je suis toujours fatiguée alors que je suis presque à la fin des vacances et que j’ai toujours mes démangeaisons sur la face interne des cuisses et sur le ventre. Elles me conduisent à me gratter presque à sang, surtout le soir et après une douche, chaude, bien sûr.

Une entorse à la cheville déclarée fin juin ne se soigne pas correctement.

Les “bosses” sur les tibias ne sont pas dues à une inflammation, vues les localisations différentes. Et il y en a trois maintenant. Elles sont légèrement vertes et violettes et un peu douloureuses.

Pour moi, ce ne sont que de petits “bobos”, des riens du tout. Jamais j’aurai cru qu’ils étaient le signe d’un cancer.

Je continue de questionner mon médecin mais là, je la vois changer d’expression. Elle reste interrogative. Elle réfléchit et son visage devient beaucoup plus grave. Des silences se font. Elle m’inquiète…

Elle commence par me dire qu’on va faire des prises de sang pour voir s’il y n’aurait pas trace d’une infection. Mais aucune anomalie sur ce plan. Les “bosses” s’appellent des “érythèmes noueux”. J’apprends un nouveau mot, c’est bien. Ils seraient engendrés par des ganglions au niveau du thorax qu’on ne peut pas sentir à la palpation, donc elle m’annonce qu’il faut faire une radio des poumons.

Je suis très étonnée et là ça commence un peu à m’inquiéter.

J’y vais toute seule l’après-midi même, je suis grande. De toute façon, à chaque fois que j’ai le droit à une radio, c’est pour me dire qu’il n’y a rien.

Tout se passe comme à l’ordinaire pendant l’examen jusqu’au moment de récupérer ma carte vitale et la radio.

Première maladresse du dépistage :

La secrétaire, sûre d’elle, m’appelle. Je m’attends à ce qu’elle me donne mes papiers et me dise au revoir. Et bien non !

La secrétaire du radiologue : “Quand programme-t-on le scanner ?”

Moi : Pardon ? Pourquoi ? Je suis comme paralysée. L’angoisse m’envahit.

La secrétaire du radiologue : “A mince, vous n’avez pas vu le médecin ?”

Je me décompose. Le radiologue m’interpelle.

Le radiologue :“oui, il y a bien des ganglions un peu volumineux, il faut qu’on en sache plus. Vous pouvez faire le scanner demain ?” Pas un mot de plus. Il est très sérieux et gêné à la fois.

Moi : Ah oui, déjà demain ? Oui.

Le radiologue : À demain dix heures alors.