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Besoin de compagnie

Juste avant mes séances de radiothérapie, nous avons dû dire au revoir à notre chatte de 17 ans, blessée et déshydratée.

Elle a connu notre premier appartement de jeune couple en région parisienne, la fin de mes études de psychologie, notre retour dans notre région natale et elle a vu arriver nos trois enfants. C’est elle qui m’a fait comprendre que j’étais enceinte des deux derniers en étant continuellement sur moi dès que je m’asseyais ! Pour notre fils cadet, j’ai compris après coup à la prise de sang mais pour notre fille, la voyant contre moi tout le temps de la même manière, je n’ai même pas attendu d’avoir du retard pour aller faire la prise de sang. Elle a connu en tout nos cinq logements ! Un vrai “chat-chien” comme disait le vétérinaire car elle s’est toujours faite aux déménagements. Elle a même vécu avec deux chiens, l’un après l’autre, qui nous ont quittés avant elle. Tout ça pour vous faire comprendre, qu’elle a toujours fait partie de ma vie d’adulte depuis le départ du cocon parental.

A son décès, elle m’a manqué énormément mais j’avais tellement pleuré jusque-là avec mon cancer, qu’aucune émotion n’a pu sortir, comme vide de chagrin. Mais je prends malheureusement conscience que je me retrouve vraiment seule à la maison la semaine. Il n’y a que moi. Je crois la voir à ses places habituelles ou traverser les pièces de la maison. Je crois l’entendre ronronner. 

Deux mois passent après les rayons. Je ne tiens plus sans petit compagnon à poils et me mets à la recherche d’un chaton. C’est ma kiné qui va me permettre de concrétiser ma recherche. Elle a trouvé deux chatons abandonnés devant sa porte, nés dans la rue d’une chatte errante. Ils sont maintenant seuls. Un mâle et une femelle, toujours collés l’un à l’autre. Je reçois la photo et je craque, forcément. Je prévois d’aller les voir le lendemain pour me décider mais sur le chemin, bizarrement, je m’arrête pour acheter une cage, suffisamment grande pour les deux. Mon mari m’accompagne pour les voir. 

Comment ne pas craquer pour une double compagnie de chatons adorables et collés l’un à l’autre ? 

On craque tous les deux, moi peut-être un peu plus pour les deux à la fois. Mon mari n’ose pas me les refuser. Je les ai donc ramenés à la maison, faisant le bonheur de toute la famille. J’ai trouvé de la compagnie et de l’occupation. Je redonne un nouveau sens à ma vie, un nouveau projet. Je tourne mon esprit vers eux et moins vers moi. Je leur crée même une page Facebook à l’attention de ma kiné pour qu’elle les voit grandir et pour leur rendre hommage, à nos deux petits rescapés, mes sauveurs. Ils seront Nala et Naboo.

Voici un petit extrait de vie de nos deux nouveaux compagnons de vie. Vous pouvez aller les retrouver sur leur page

Mes journées sont maintenant bien occupées avant que les enfants ne rentrent. Ensuite c’est leur tour de prendre la relève. Il y a comme un nouveau souffle de vie dans la maison. Un souffle de légèreté, d’innocence retrouvée.

Un an et demi plus tard, février 2019, Naboo a malheureusement disparu. L’attente reprend. C’est difficile pour tout le monde. Nous espérons encore le revoir mais l’espoir s’amenuise. Nala s’est faite progressivement à l’absence de son frère. 

Ce sont les aléas de la vie, les naissances, les décès, les joies, les peines. Résilience… J’essaie.

Mes rêves, mes projets

Pendant les traitements, nous avons tous besoin de donner un sens à notre vie car le cancer nous enlève l’innocence en nous mettant fasse à notre mort, il nous fait perdre le sens de notre vie ou pire le goût de vivre. On a beau dire devant les autres qu’on est combatif, qu’on garde le moral, mais lorsque l’on se retrouve face à nous-même, à notre douleur et notre peur de mourir, la réalité n’est plus la même et s’assombrit.

Ce qui m’a déjà donné la force de survivre et de guérir, ce sont bien-sûr mes enfants, mon mari, mes parents,.. mais lorsque la fatigue a pris le dessus, lorsque la douleur est quotidienne et que l’avenir s’obscurcit… il faut trouver des objectifs très personnels même les plus petits puis de plus en plus grands.

Pour avoir un but et sortir de la torpeur du cancer, une envie de vivre et de guérir, faire une check-list est devenu crucial pour moi. Elle me redonne des envies rien qu’à moi, même les plus folles.

Après tout, qu’est-ce que je risque à rêver ou espérer ? Je ne peux pas tomber plus bas. 

Alors je me lance dans mes rêves, mes idées de projets :

  • Pouvoir emménager dans ma maison qui commence tout juste à se construire.  Le projet est commencé, il reste juste à guérir pour pouvoir le réaliser !

  • Me mettre au piano. Cela m’occupera pendant les traitements. Je pianotais étant adolescente mais là j’ai vraiment envie de savoir jouer correctement. Projet un peu plus fou à bientôt 40 ans ! Pour cela, il me faudra déjà faire accorder le piano de ma grand-mère décédée lorsque j’avais 9 ans et qui me servait de décoration, même si c’est une décoration sentimentale, je voudrais qu’il regagne une âme. Le souvenir de ma grand-mère me redonnerait encore plus de force en faisant jouer son piano.

  • Reprendre le dessin.  Une passion qui a débuté aussi à l’adolescence et que j’ai laissé tomber par manque de temps dû aux études, à la vie professionnelle et de maman. Tout y passait pourtant, mes cartes postales préférées, ma famille, moi… J’aimais l’odeur des crayons, le calme que ça me procurait… Je crois que c’est le moment !
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  • Voyager en Thaïlande, au Viet-Nam ou en Indonésie. Je ne veux pas mourir sans avoir voyager un minimum. Je veux vivre des expériences, ouvrir mes yeux au monde. Mais pour cela, il faut achever les traitements et se battre pour survivre.
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  • Pendant ma dernière grossesse (la troisième !), j’avais pris la bonne résolution de fabriquer mes produits d’hygiène et de lavage de la maison. A l’époque, je ne supportais pas les odeurs des produits chimiques et leur nocivité. C’est le comble ! Supprimer les produits chimiques de la maison (produits ménagers, déodorants, lessive, gel douche, …) et avoir un cancer principalement dû aux produits chimiques (pesticides, insecticides et autres produits toxiques !). Mais je ne laisserai pas les industries chimiques envahir ma maison et je reprendrai leur fabrication que j’avais un peu oublié avec mon embauche !

A suivre…