Archives par mot-clé : Projets

projet Remise en forme – chapitre 3 : la marche jusqu’au bout du monde

Après notre emménagement dans notre maison fraîchement construite début septembre 2017, mon projet de remise en forme a été stoppé net avec mon trauma thoracique

Ce n’est qu’en janvier 2018, 10 mois après les rayons et 4 mois après mon accident, que j’ai enfin pu songer à reprendre mon corps en main. 

J’ai toujours en souvenir une sortie juste après mes traitements au cours de laquelle, me sentant bien, j’ai accéléré ma marche. Attention, lorsque j’allais marcher à cette époque-là, c’était juste pour m’aérer et mettre un pied devant l’autre dans les rues de mon quartier. Cela ne durait même pas une demi-heure pour ne faire qu’un kilomètre. Donc ce jour-là, il faisait un beau soleil même s’il faisait frais, je me suis sentie pousser des ailes. Une petite rue qui monte, j’arrive à forcer un peu sur mes jambes. Et comme une renaissance, j’ai senti mes cuisses, comme si je les redécouvrais, comme si je les sentais pour la première fois. 
Je me suis sentie vivante et fière de moi. C’était le début de ma rééducation physique avec les encouragements de ma première kiné. Jusqu’à mon accident, je faisais des marches de reprise de sensations physiques et surtout pour apprécier de prendre l’air et prendre goût aux sorties extérieures.

Donc me revoici au même point presque un an après à cause de cet accident. 

C’est parti.

Janvier 2018

Distance : 2 km / Temps : 30 minutes.

Mon thorax me fait toujours souffrir et m’empêche de respirer à fond. Je suis essoufflée dès les premières minutes. Lorsque je rentre, ma tête tambourine. Pour pouvoir ressortir les prochaines fois, il faut que je prévois de ne rien faire l’après-midi car ces sorties m’obligent à prendre des cachets et me coucher pour  tout d’abord me reposer car j’y dépense toute mon énergie mais surtout pour stopper mes migraines et mes cervicalgies. Mais je continue quand même car inspirer l’air frais de l’hiver me fait un bien fou. C’est d’ailleurs ce qui m’avait fait me sentir en vie en novembre. Vous vous souvenez ? Sous ma douche avec “Lost on you”. Mais à ce moment là, le trauma thoracique était encore récent et mes marches n’étaient qu’occasionnelles. Maintenant, en ce début d’une nouvelle année, je note mes sorties et je me motive pour les allonger. 

Février 2018

Distance : 4 km / Temps : 1 heure

J’ai réussi à augmenter la distance malgré la fatigue et un thorax douloureux. Mais je me sens tellement bien. L’air m’emplit d’une force invisible. Je vais à partir de ce moment-là essayer d’accélérer.

Mars 2018

Distance : 5 km / Temps : 50 minutes

Accélération réussie ! Tellement fière ! Pour m’aider encore un peu dans ma rééducation physique, j’essaie quelques cours de stretching. Malheureusement, c’est trop compliqué pour mes genoux. Beaucoup de mouvements provoquent de grosses douleurs la nuit qui suit. Donc je continue simplement mes marches en n’oubliant pas les étirements avant et après l’effort.

Avril, mai, juin 2018

Distance : 6 km / Temps : 1h

Je maintiens ! L’objectif : notre projet voyage – exploration en Indonésie ! Ce projet me donne des ailes et me permet d’augmenter le nombre de marches dans la semaine.

Se sentir plus forte que le cancer.

Voici ce qui me motive. J’ai parfois la rage. La colère, parfois les larmes se libèrent. Quand j’accélère, je lui crie à ce crabe qui avait insidieusement pris procession de mon thorax, que c’est moi qui vais gagner et qu’il ne reviendra pas. Je marche devant, je le distance. Il restera derrière ! C’est un ordre !

Je sais que l’activité physique améliore les chances de diminuer les récidives et qu’elle me permettra de mieux gérer la reprise du travail qui approche. Je l’espère pour septembre. C’est mon deuxième objectif.

Juin 2018

Distance : 1 717m de dénivelé / 1h15

Voici  mon exploit ! J’ai gagné mon défi ! Même avant mon cancer, je n’aurai jamais osé le faire à cause de mes genoux.

Réveil à 0h30, 1h de route, petit déjeuner à 3h du matin, encore un peu de voiture et départ du treck à 4h pour gravir le volcan de mon île. Malgré la nuit, nous sommes en t-shirt, avec gilet et imperméable autour de la taille pour l’arrivée.

Ce fut très difficile, je ne vous le cache pas. Avancer dans le noir, juste avec une petite lampe de poche, l’un derrière l’autre, à une vitesse qui n’est pas celle d’une simple promenade sur un chemin qui monte sans arrêt avec des pauses toutes les 20 minutes pour avaler une gorgée d’eau et on repart. Au bout de 40 minutes, je suis terriblement essoufflée. Mon thorax est compressé, ma gorge se sert, je cherche mon souffle. Il m’est tellement difficile de respirer que je suis incapable de retenir les larmes qui coulent. Je ne lâche pas… Mes genoux chauffent et me font mal. Tant pis… C’est mon défi. Ce n’est pas du quotidien qui va se répéter. J’ai besoin de me tester, de me mettre à l’épreuve, de conjurer le sort.

Des moto-cross montent des voyageurs fatigués ou qui n’ont pas le courage. Mais il est hors de question que je capitule !!! Je n’abandonnerai pas. J’ai vécu pire ! Les souvenirs des chirurgies et actes barbares, la descente aux enfers lors des chimios et leurs effets secondaires, le stress des rayons, ma chute traumatique sur mon thorax refont surface mais me donnent la force de continuer à me battre. Je les ai vécus, je les ai dépassés, je peux gravir ce volcan, cette force de la nature. Moi aussi je veux en être une. 

Après les chemins qui montent, les chemins qui grimpent et les rochers à gravir, je regarde en haut… Le sommet est encore loin et c’est de plus en plus raide. Mon mari me pousse… me tire…. Le guide me tend la main pour franchir les rochers… Mais j’y arriverai !

5h15, le refuge est là ! J’ai réussi ! On se couvre car il fait froid… très froid. Un deuxième petit-déjeuner va nous redonner des forces. On s’assoit pour attendre le lever de soleil sur le mont d’en fasse. La fatigue et la douleur ont laissé place à l’apaisement, le bonheur d’être juste là… parmi les nuages, la brume et le calme de l’altitude. Une pause temporelle… une page se tourne. 

Le levé du soleil même à moitié est un moment magique. Un nouveau jour commence remplit de fierté et de sérénité. Nous prenons le temps de découvrir le cratère, les fumerolles et les traces laissées par les deux précédentes irruptions.

Maintenant il faut redescendre. Mes genoux vont encore subir une épreuve mais elle sera plus rapide et des sources chaudes nous attendent à 8h ! Tous les muscles de mes cuisses, mes mollets tremblent avec l’attraction de la pente, mes genoux chauffent mais j’avance et continuant d’apprécier le paysage et cette aventure nocturne

Les sources chaudes : Quel bonheur !

Un bon repas nous attend ensuite avec la vue sur notre exploit nocturne. Notre journée s’achève à 14h dans notre chambre d’hôtel avec un bon repos mérité.

Je suis repartie de ce lieu avec un défi gagnant, une bataille contre un corps qui m’avait lâchée, des souvenirs plein les yeux et un espoir pour d’autres projets.

défi “un cancer, une marche, une photo” ouvert !

PENDANT / APRES LE CANCER ou

POUR UN PROCHE QUI SE BAT ou S’EST BATTU CONTRE LE CANCER

OBJECTIFS : 

1- Créer une COMMUNAUTÉ autour de la marche pour partager, se motiver et se faire plaisir avec la photographie.

ENSEMBLE, NOUS SOMMES PLUS FORTS !

2- SENSIBILISER aux différents cancers et aux BIENFAITS d’une ACTIVITÉ physique NATURE accessible au plus grand nombre
(pendant et après le cancer),  A TRAVERS UN REPORTAGE PHOTO.

3- Et bientôt : transformer notre activité physique en don. Courant juin, nous pourrons CONVERTIR NOS PAS EN DONS
(sans rien payer) pour des associations œuvrant autour du cancer grâce à l’application Walk United.

 

COMMENT PARTICIPER :

POUR S’INSCRIRE :

Par le biais de ma page Facebook, ou cliquez sur l’image et ensuite sur “rejoindre le groupe” du défi.

Vous pourrez ainsi participer aux discussions et partager vos photos.

OBJECTIFS DU GROUPE DE DISCUSSION :

On s’encourage, on partage ses progrès ou ses difficultés. On partage une photo de son paysage… POUR FAIRE VOYAGER LE GROUPE PARTOUT EN FRANCE ET AU-DELÀ ! On pourra par la suite s’amuser un peu en choisissant ponctuellement un élément de paysage à photographier.

CHALLENGE PHOTO :

Un patchwork-photos ANONYME mensuel sera réalisé et publié sur les réseaux et ici sur le blog pour promouvoir l’activité physique pendant et après le cancer.

SUR LES PHOTOS : se trouveront :

  • les données de votre marche si vous êtes d’accord (temps/distance ou pas), intégrables avec les applications de marche ou photo 
  • le lieu de marche (au choix : ville/région/pays, je pense pour l’instant ; un vote est en place sur le groupe du défi)
  • le ruban du cancer (sur la photo du mois choisie pour le challenge) pour lequel vous marchez ou celui d’un proche. Un album de rubans est à votre disposition sur la page Facebook. 
  • > Pour les “nul(les)” en appli, je vous mettrai en ligne un tuto si besoin, sinon je pourrai vous le faire quand on choisira les photos du mois.

ATTENTION :

PAS DE CLASSEMENT !
QUE DU PLAISIR !

Chacun marche à son rythme,
selon sa santé et son temps…

En essayant de maintenir ou d’améliorer progressivement son activité.

Pas de stress si vous ralentissez.
Vous reprendrez du plaisir la prochaine fois !

Marcheuses, marcheurs, avançons ensemble !

A bientôt !

Audrey

 

1ère bougie de rémission & mes 40 ans

Avril 2018

1 an de rémission 

Pour marquer cette première bougie de rémission, rien de spécial le jour J mais depuis quelques mois, je prépare des événements symboliques autour de cette date qui vont me permettre penser à autre chose et d’avancer positivement :

  • 1 : mon tatouage (voir l’article)
  • 2 : organiser une séance “photo de famille” avec notre photographe de mariage, comme un deuxième mariage pour mes 40 ans et ma rémission, avec mon tatouage fraîchement réalisé.
  • 3 : organiser mes 40 ans avec mes proches. 40 ans, c’est juste un prétexte… Moi je marque ma première année de rémission, la fin des traitements depuis un an et je remercie ainsi ceux qui ont été là pendant ses 40 années et pendant mes traitements. J’y reviendrai…

 

  • 4 : organiser notre voyage de noce qu’on n’a jamais pu faire faute d’argent juste après le mariage et faut au cancer. Je ne dirai pas que c’est aussi un prétexte mais ce projet a un double emploi. Il va me permettre de vivre une belle expérience, avec mon mari et me défier (dans un prochain article).

Mes 40 ans

 

C’est plutôt étonnant… 40 ans… deuxième partie à peu près d’une vie “normale” et première année d’une seconde vie, première année de rémission. Je fais fort avec les dates je trouve ! Vous en voulez encore une ? L’anniversaire de ma rémission, ou la date de mes derniers rayons est la date anniversaire de ma marraine, ma confidente, ma fée bienveillante. 

 

Ce n’est pas la première fois que les dates ont une histoire dans ma vie. 

Avec mon mari, nous n’avions que 10% de chance d’avoir des enfants naturellement à cause d’un problème de fertilité pour lui. Le médecin lui avait en rigolant qu’il n’envisagerait une opération que lorsqu’on aurait trois enfants. Sacré manière de dire qu’il fallait qu’on envisage une opération que lorsqu’on ne voudrait plus d’enfants. On s’est donc mis “au travail” pour concevoir notre famille, en oubliant de nombre de trois qui nous paraissait difficilement atteignable avec seulement 10% de réussite possible pour un enfant. Pourtant, la procréation médicalement assistée n’a jamais eu le temps d’être déclenchée. Et avec quelques semaines de recul, nous nous rendons compte des dates de procréation :

  • Notre aîné a été conçu le jour de mon anniversaire, et d’un !
  • Notre cadet, le jour de l’anniversaire du décès de ma grand-mère (celle dont j’ai hérité mon premier piano), et de deux !
  • Et notre fille, le jour de l’anniversaire de mon mari. Le compte est bon ! Nous avons eu trois enfants et à des dates importantes nous concernant.

Le seul jour possible pour fêter mes 40 ans tombe le jour de l’anniversaire… de ma mère… Quel beau cadeau pour lui rendre hommage !

La dernière date, à deux ans de rémission, sera celle d’une IRM, le jour de mes 41 ans. Heureuse date pour une heureuse issue.

Maintenant, allez me dire que les dates et les chiffres ne sont qu’une coïncidence !

 

Pour fêter mes 40 ans, j’ai donc organisé quelques petites animations pour remonter le temps et rendre hommage à mes invités…

  • Des photos de groupe avec des objets de mon enfance (des livres, des peluches dont “Mon Kiki”, des cartes postales écrites par mes parents, ma marraine et mon parrain que j’ai toujours conservées précieusement et enfin quelques dessins que j’ai réalisés pendant mon adolescence).

  • un diaporama-film pour leur rendre hommage à travers ma vie. J’y ai inclus des photos de moi au fur et à mesure des années à l’envers et j’ai recommencer avec des photos de mes invités donc tout le monde a pris un petit coup de vieux, mais c’était émouvant et drôle de voir les époques de notre vie évoluer. Mon mari, mes enfants s’incluent, notre mariage puis la maladie mais ensuite la maison et la séance photo après cancer. Petit quizz de fin avec les animaux qui ont traversé ma vie, les cartes postales dont je vous parlais précédemment, des “qui est qui” entre mes enfants et moi avec des doudous ou des nin-nins (comme vous voulez, moi c’était nin-nin ou plus tôt “gin-nin”) et des anecdotes familiales, comme la passion des glaces qui a due commencer le jour d’une de mes premières séances de cinéma avec ma mère. A cette époque-là, il y avait des ouvreuses qui proposaient des bonbons, boissons et glaces. Ma mère m’en a offerte une mais pour éviter que je m’en mette partout, elle l’ouvre et me demande si elle peut y goutter. Chose qu’elle a fait mais elle a dû la trouver terriblement à son goût car lorsque j’ai réclamé ma glace, elle en était déjà au bout du cornet. résultat, moi effondrée, elle navrée et gênée d’avoir oublié de me la donner ! Ma grand-mère a ensuite pris l’habitude de stocker dans un congélateur  quasi que des glaces pour moi. Quelle histoire entre filles d’une même génération ! J’en retrouve le sourire rien qu’en l’écrivant. Aujourd’hui, cette anecdote traverse le temps et elle fait terriblement rire ma mère et mes enfants qui la charrient.  Après cet événement, forcément, je n’ai plus voulu partager mes glaces. On ne se fait pas prendre deux fois pour la même chose lorsqu’on est enfant ! Mais depuis, çà s’est résolu il y a 3 ans avec une intolérance au lactose. Et oui, les choses changent mais les bons souvenirs restent.

J’étais très contente de retracer ma vie, mais pour être vraiment sincère, au début, j’avais l’impression de faire mon éloge funèbre, ne comprenant toujours pas comment j’avais pu me sortir de l’épreuve cancer. Mais lorsque j’ai pu boucler mon diaporama, j’ai été plutôt satisfaite de ma vie et j’ai été très émue de le montrer à mes invités et de partager ce moment avec eux, à travers leurs émotions et leurs souvenirs ravivés. J’étais enfin fière de mon parcours, de cette première partie de ma vie et contente d’en commencer une autre !

  • une activité puzzle où chacun figurait en photos avec moi tout au long de ma vie, du moins, la première. Une fois le puzzle réussi, je leur offrais la vraie photo pèle-mêle encadrée. Tout le monde a bien rigolé car ce n’était pas si évident et ils étaient très touchés de ce cadeau personnalisé. J’ai évident fait aussi le mien. 

Parée de mon tatouage, j’étais heureuse de leur montrer que je m’en étais sortie et heureuse d’avoir été et d’être  à leur côté. J’ai passé une magnifique journée-souvenir qui m’a donnée une force incroyable pour continuer ma route.

Leurs cotisations vont nous permettre d’envisager notre lune de miel et de réaliser mon rêve de rémission : partir pour un pays lointain, dépaysant, ampli de nature et de culture. Thaïlande, Vietnam, Bali ?

A suivre dans un prochain article…

Défi piano suite

2017

Janvier – Février : Après “Rivers flows in you” pendant ma radiothérapie,

j’ai enchaîné avec “On écrit sur les murs” des Kids United et “Everything I do” de Bryan Adams en mars “, Les filles d’aujourd’hui” de Joyce Jonathan et Vianney en mai, “Emilie Jolie” en juin, “Despacito” en juillet :

mais sans pouvoir toutes les terminer. 

Octobre : “Tempest” de Beethoven. Enfin une autre partition complète et pas des plus lentes. Mais c’est comme ça que je prends du plaisir malgré la difficulté.

Je profite des anniversaires et de Noël pour faire plaisir aux enfants en leur faisant la surprise.

Joyeux anniversaire :

Petit papa Noël :

2018

La première année de rémission se termine et les partitions vont s’enchaîner, cette fois entièrement.

Janvier : “Canon en D dur” de Pachelbel.

Février : “Comptine d’un autre été” de Yann Tiersen (B.O. d’Amélie Poulain).

Mars : “Chasing cars” de Snow Patrol qu’on retrouve dans “Greys Anatomy”.

Mai : “Hallelujah” de Rufus Wainwright. C’est la version que je préfère. Celle dans “Shrek”. Ma fille est née dessus car j’avais amené une enceinte en salle d’accouchement et nous l’avons passée lors de notre cérémonie de mariage. Donc elle me tient à cœur.

Juin : “J’t’le dis quand même” de Patrick Bruel. Celle-là, c’est pour mon adolescence mais je ne l’ai pas terminée tout à fait et c’est un peu chaotique.

Et la dernière en date depuis novembre : “Kiss the rain” de Yiruma que j’adore mais un peu mélancolique. c’est peut-être pour ça que j’ai du mal à avancer ou peut-être avec mes problèmes de mémoire et de concentration. Donc pas terminé encore :

Voilà pour mon défi piano “toute seule, sans cours” commencé entre les chimios et les rayons, jusqu’à mes 2 ans de rémission. Je continue.

CROYEZ EN VOS RÊVES !

Mon lotus à moi

Projet suivant : mon tatouage

1 an de rémission

avril 2018

J’avance dans la 2ème partie de ma vie… la quarantaine commence avec une nouvelle partie de vie, sans oublier la première qui sera ma force et l’espoir de continuer et de profiter de la vie.

Mon cadeau pour mes 40 ans sera mon tatouage.

Le tatouage est pour moi maintenant synonyme de métamorphose, c’est une sorte de nouveau corps. Il représente la manière dont je suis sortie du cancer. 

Le tatouage va me permettre d’avancer, c’est l’image de ce qui refleurit dans la cicatrice après la tumeur, la floraison, l’épanouissement.

Le tatouage représente pour moi une renaissance, la force émanée du cancer, la féminité, la beauté.

J’ai besoin de challenges, d’objectifs, de créativité au même titre que jouer du piano, me remettre au dessin (toujours pas fait), faire la décoration de la maison).

J’ai besoin de partage, de reconnaissance derrière ces objectifs.

Je n’ai plus besoin de parler du cancer à chaque fois. J’ai mis un pied en avant, l’autre va suivre.

Pourquoi l’idée d’un tatouage ?

Rappelez-vous… Suite à la biopsie, je garde un creux au dessus de la poitrine, à hauteur du thymus, au-dessus de la tumeur, incluant ma cicatrice. Ce creux, causé par le retrait de la couche graisseuse quand le chirurgien m’a opérée lors de la biopsie, situe la tumeur, je le vois, je le ressens car il me fait mal et il se voit encore plus de profil. Il me rappelle la chirurgie, la tumeur.

Après avoir écouter les avis autour de moi, je suis allée consulter un chirurgien plastique. Ma demande était simple, combler le trou.

Je rencontre deux chirurgiens avec ma mère. Le premier me dit que l’opération n’est pas prise en charge par sécurité sociale malgré que c’est bien une suite opératoire. Au final, il ne veut rien tester sur moi. Pour lui, l’intervention n’a que très peu de chance de réussir. Trois solutions ont été envisagées. La plus barbare est de  couper ce qui dépasse du creux pour rapprocher le tout. Sincèrement, rien que d’y penser, c’est une vraie barbarie et je n’en vois pas l’intérêt.

Déçue quand même, je prends un rendez-vous avec un chirurgien plus renommé. Mais j’ai déjà en tête un tatouage. J’y vais sans rien anticiper, sans rien espérer ou imaginer sur l’acte. Pour celui-ci, la prise en charge par la sécurité sociale est possible mais cela nécessiterait plusieurs greffes de graisse, prélevée dans le ventre (chouette ! on m’enlèverait de la graisse du ventre !) à six mois d’intervalle mais avec un petit risque de rejet et que la greffe ne prenne pas. 

Mon choix est fait : Tatouer ma peau… Plus que jamais. Mais il me faut attendre 4 mois. Renommée du tatoueur et délai de réflexion obligent. 

Certaines personnes se demandent pourquoi. Vous me direz, avant le cancer, je ne comprenais pas le tatouage. Je me disais qu’avec le temps, on se lasse et on peut regretter.

Aujourd’hui, j’ai compris. Un tatouage n’est pas qu’un joli dessin qu’on aime à un moment de sa vie. Un tatouage est un symbole, il a une signification profonde pour la personne qu’il l’a choisi, il représente un moment d’une vie qui a eu un impact profond. Pour moi, c’est le besoin de transformer l’enfer que j’ai traversé par quelque chose de beau et surtout de me souvenir que je m’en sois sortie.

J’ai changé, je suis différente, je ne vois plus les choses comme avant, j’ai approché la mort, je me voyais dépérir, j’ai erré comme un fantôme mais petit à petit, je suis sortie de mon trou noir, de la boue dans laquelle j’étais empêtrée. Quelque chose s’est ouvert, quelques pétales de lumière. J’apprends à me connaître, de nouveau me redécouvrir, retrouver des plaisirs. Je garde en mémoire que je me suis reconstruite comme l’oiseau fait son nid. La fleur s’ouvre petit à petit, sortant de la boue, me sortant de ce trou dans lequel j’étais tombée. 

Un rite de passage. Une quête d’identité

Le tatouage, c’est ma façon de me réapproprier son corps et de clore un chapitre. Il permet d’avancer, d’exorciser mes angoisses. Ne plus voir ma cicatrice. Je sais qu’elle est là, je la sens mais j’y vois autre chose.

C’est une manière d’effacer la maladie et de me souvenir d’avoir espoir et de garder courage lors des épreuves difficiles.

Le tatouage restera un endroit qui reste à voir, quelque chose qui représente la beauté et non plus la maladie. Il symbolise aussi la guérison qu’il ne faut pas que j’oublie et la force qui en est sortie.

La douleur ne sera pas pire. La douleur est exorcisée. Le courage, la résilience en sont sortis. La guérison a été possible. Un nouveau chemin est tracé. 

J’ai tatoué sur mon cancer 

Pour réparer “mon trou” toute seule.

Après réflexion, j’ai préféré garder la trace de cette épreuve, ne pas m’infliger d’autres chirurgies risquées mais d’y rajouter une belle chose à voir, témoin du passé.

J’ai décidé de me réapproprier mon corps. Je n’avais aucun tatouage jusqu’à maintenant. J’y ai pensé pendant les traitements. Peur de souffrir, d’être jugée par mon entourage, ma famille ? Le cancer a éclipsé toutes ces craintes.

En me faisant tatouer, je choisissais de « m’infliger » volontairement quelque chose. J’inversais le processus. J’ai patienté un an et demi pour laisser le temps à ma cicatrice de biopsie de cicatriser correctement.

En regardant l’aiguille du tatoueur piquer ma peau, je me suis sentie revivre. Ça faisait un peu mal mais ça me donnait des forces. Comment expliquer que le mal me faisait du bien ? Plus le dessin se formait (sans que je ne le vois), plus je reprenais conscience que j’étais vivante. Je contrôlais à nouveau mon enveloppe corporelle. Je n’ai pas eu de doute. J’étais sûre de mon choix.

Après les chirurgies, les chimios, les rayons, plus rien ne me fait mal. L’aiguille ne m’effraie pas comparée aux heures passées à endurer d’atroces souffrances à cause du cancer. je me souviens pendant le tatouage de la souffrance après la biopsie, de la peur à l’annonce, des souffrances à la pose du PAC. Le tatouage à côté de tout ça, ce n’est rien qu’un peu de piqûres. Juste à la fin, j’ai commencé à avoir mal sur la cicatrice qui souffrait un peu quand même. Mais sinon, je ne sentais rien. J’avais la force mentale nécessaire et la volonté d’effacer ce trou et cette cicatrice.

Quand je regarde mon tatouage, je ne vois pas la maladie mais le combat gagné et cette renaissance. C’est ce souvenir que je veux garder. Il agit comme un rappel. Il me dit que si je ne m’étais pas battue, je ne serais sûrement pas là. Il me donne une force en plus. Quand je dois prendre une décision importante, je réfléchis plus qu’avant. Et mon tatouage n’est jamais loin.

Le montrer, c’est aussi un moyen de rappeler ou d’évoquer ma maladie. Le sujet n’a jamais été tabou pour moi.

Ce tatouage me permet de me souvenir de ces épreuves, et de me dire que je m’en suis sortie.

LE TATOUAGE AGIT POUR MOI COMME UNE THÉRAPIE. C’EST UN ACTE TRIBAL. J’EXORCISE MES ANGOISSES.

Le cancer a changé ma conception de l’avenir. J’avais tendance souvent à remettre au lendemain ; depuis, j’essaie de vivre autrement. Je me suis rendue compte que mon quotidien pouvait être bouleversé du jour au lendemain. Qu’il fallait que je fasse plus attention à moi. Mon tatouage est là pour me le rappeler. Quand on a envie de quelque chose pourquoi attendre ? Pourquoi s’en passer ? Pourquoi ne pas se faire plaisir tant qu’on peut ?

“C’est plus que de l’esthétique, ça touche le moral. Se faire tatouer est  pour moi un vrai outil thérapeutique. C’est une souffrance en moins. Cela touche l’image, l’intime. Or si vous êtes en harmonie avec votre corps, vous l’êtes davantage avec votre esprit.

Je me réapproprie mon thorax abîmé. La chirurgie a laissé un vide, un trou noir. Le tatouage a fait pousser des racines, une magnifique fleur, cela reste un endroit où il reste à voir.

Certains pourront dire que le corps n’est qu’une enveloppe et que l’important réside dans les pensées. Mais c’est ma manière d’effacer la maladie avec quelque chose de beau et de marquer mon corps par des étapes de ma vie.

J’ai moins peur maintenant, je suis davantage résiliente et ceux à qui mes idées déplaisent, n’ont qu’à tourner les talons.
La maladie m’a réappris à être moi-même et à mieux faire face, elle a au moins cet avantage !
Et pour ma part, moins de pincettes avec les personnes qui dépassent les bornes.

Le tatouage pour moi, c’est aussi le besoin d’avancer, de vivre des choses, de les inscrire sur ma peau pour les graver, ne pas les oublier et pour qu’elles me définissent.

C’est moi, pas comme tout le monde.

Comme j’ai envie, sans tenir compte des autres. Porter un tatouage me plaît, combative, fière de mon parcours, me définit.

Même s’il y a des jours au le moral n’est pas au beau fixe, mon tatouage me donne des forces. J’aime qu’il se voit pour en témoigner.

Le message d’une proche :

“On ne peut pas plaire à tout le monde !!!! Alors tu as bien raison, prend un Max soin de toi, le cancer c’est toi qui l’a eu et toi et uniquement toi qui est passée par ces pénibles traitements alors ce que pense les autres on s’en fout !!!!!!!! Personne ne peut se permettre de te donner des leçons ou pire encore de te juger”

Mon lotus représente la renaissance, la résilience, l’illumination spirituelle, le détachement de la souffrance, la conscience de soi et la confiance.

“De la boue est sortie quelque chose de beau, de serein. Le cancer est passé. La paix est revenue.”

Souviens toi pourquoi tu as tenu bon
Ainsi va la vie… Va et vis 

Besoin de compagnie

Juste avant mes séances de radiothérapie, nous avons dû dire au revoir à notre chatte de 17 ans, blessée et déshydratée.

Elle a connu notre premier appartement de jeune couple en région parisienne, la fin de mes études de psychologie, notre retour dans notre région natale et elle a vu arriver nos trois enfants. C’est elle qui m’a fait comprendre que j’étais enceinte des deux derniers en étant continuellement sur moi dès que je m’asseyais ! Pour notre fils cadet, j’ai compris après coup à la prise de sang mais pour notre fille, la voyant contre moi tout le temps de la même manière, je n’ai même pas attendu d’avoir du retard pour aller faire la prise de sang. Elle a connu en tout nos cinq logements ! Un vrai “chat-chien” comme disait le vétérinaire car elle s’est toujours faite aux déménagements. Elle a même vécu avec deux chiens, l’un après l’autre, qui nous ont quittés avant elle. Tout ça pour vous faire comprendre, qu’elle a toujours fait partie de ma vie d’adulte depuis le départ du cocon parental.

A son décès, elle m’a manqué énormément mais j’avais tellement pleuré jusque-là avec mon cancer, qu’aucune émotion n’a pu sortir, comme vide de chagrin. Mais je prends malheureusement conscience que je me retrouve vraiment seule à la maison la semaine. Il n’y a que moi. Je crois la voir à ses places habituelles ou traverser les pièces de la maison. Je crois l’entendre ronronner. 

Deux mois passent après les rayons. Je ne tiens plus sans petit compagnon à poils et me mets à la recherche d’un chaton. C’est ma kiné qui va me permettre de concrétiser ma recherche. Elle a trouvé deux chatons abandonnés devant sa porte, nés dans la rue d’une chatte errante. Ils sont maintenant seuls. Un mâle et une femelle, toujours collés l’un à l’autre. Je reçois la photo et je craque, forcément. Je prévois d’aller les voir le lendemain pour me décider mais sur le chemin, bizarrement, je m’arrête pour acheter une cage, suffisamment grande pour les deux. Mon mari m’accompagne pour les voir. 

Comment ne pas craquer pour une double compagnie de chatons adorables et collés l’un à l’autre ? 

On craque tous les deux, moi peut-être un peu plus pour les deux à la fois. Mon mari n’ose pas me les refuser. Je les ai donc ramenés à la maison, faisant le bonheur de toute la famille. J’ai trouvé de la compagnie et de l’occupation. Je redonne un nouveau sens à ma vie, un nouveau projet. Je tourne mon esprit vers eux et moins vers moi. Je leur crée même une page Facebook à l’attention de ma kiné pour qu’elle les voit grandir et pour leur rendre hommage, à nos deux petits rescapés, mes sauveurs. Ils seront Nala et Naboo.

Voici un petit extrait de vie de nos deux nouveaux compagnons de vie. Vous pouvez aller les retrouver sur leur page

Mes journées sont maintenant bien occupées avant que les enfants ne rentrent. Ensuite c’est leur tour de prendre la relève. Il y a comme un nouveau souffle de vie dans la maison. Un souffle de légèreté, d’innocence retrouvée.

Un an et demi plus tard, février 2019, Naboo a malheureusement disparu. L’attente reprend. C’est difficile pour tout le monde. Nous espérons encore le revoir mais l’espoir s’amenuise. Nala s’est faite progressivement à l’absence de son frère. 

Ce sont les aléas de la vie, les naissances, les décès, les joies, les peines. Résilience… J’essaie.

Projet remise en forme – chapitre 1

“Inscrivez-vous au yoga”

3ème mois de rémission

Les traitements sont terminés. Plus d’ambulanciers pour discuter, plus de médecins qui me surveillent et mon entourage (le moins proche) pense que tout va bien parce que j’ai fini les traitements. Plus rien à l’extérieur ne rythme mes journées, à l’exception des séances de kiné. Heureusement que j’en ai, pour mon corps et mon esprit d’ailleurs. Plus aucune certitude que j’aille bien, la peur que ça revienne. je me sens abonnée et coupable de ne pas me sentir bien.

C’est aussi à ce moment là, l’après traitements, que je commence à mesurer l’impact de tout ce que je viens de traverser. J’y reviendrai un peu plus tard. 

Je ne suis pas très motivée par le yoga car j’ai peur de m’ennuyer mais j’y vais quand même car j’ai besoin de voir du monde et de reprendre mon corps en main malgré la fatigue résiduelle.

Mais deux choses m’embêtent avant même d’avoir commencé.

Je sais bien que mes genoux vont m’empêcher de faire certaines positions mais on me rassure en me disant que le yoga est adapté aux malades et que chacun fait comme il peut. 

La seconde, c’est que les cours adaptés sont à 40 minutes de voiture alors question décontraction avant et après, ça va être compliqué. J’ai toujours le PAC bien entendu (côté gauche) donc je suis obligée de descendre la ceinture de sécurité sur mon bras. C’est plutôt gênant et question sécurité, ce n’est pas terrible.

L’accueil est très agréable. On commence à se raconter nos histoires dans le vestiaire. Arrivée dans la salle, je suis un peu mal à l’aise. Pourquoi ? Toujours la même chose… J’ai mes cheveux et pas les autres. Je suis en rémission, pas les autres. J’essaie de me décontracter quand même. Les autres filles sont sympas. Chacune a ses difficultés physiques mais celles qui en ont, sont celles qui sont beaucoup plus âgées que moi.

En effet, je ne peux pas faire grand chose. Mes genoux, oui comme je l’imaginais. Impossible de faire la chaise et de me mettre accroupie ou à genoux. Je prends une chaise comme on me le propose gentiment. Je suis la seule à en prendre une alors que je suis encore la plus jeune. Il faut dire qu’en chimio, vu que j’étais isolée dans ma chambre individuelle, je n’ai rencontré aucun malade, ni même pendant le restant des traitements. Heureusement que pour les autres activités avec La ligue, comme les ateliers esthétiques, j’y ai trouvé une amie de mon âge. On sort un peu toutes les deux, boire un thé. Nous sommes même allées au théâtre une fois, voir un woman-show sur le thème du cancer du sein. Extra au passage, sur les réalités des traitements et du regard des autres. Mais les malades qu’on rencontre sont toujours beaucoup plus âgées que nous.

Bref, je me sens seule et à part. 

Mais ce n’est pas la seule partie de mon corps à me poser problème.

Pour la position couchée sur le dos, je demande un coussin pour ma nuque raide et une couverture pour que le sol me paraisse moins dur. Une fois installée comme si j’avais le double de mon âge, 76 ans donc, pfff, on commence les mouvements. J’ai mal au dos, je respire mal et ça va en s’aggravant. Mon thorax fragilisé par les rayons et les opérations, me comprime puis m’écrase et arrive subitement la crise de spasmophilie, apparemment, selon ma kiné le lendemain. Je suis en hyper ventilation. Je me relève d’un coup, je ne sais comment, en cherchant mon souffle. On entend que moi. Je pars en direction des vestiaires mais la prof me rattrape. Je panique complètement. Elle m’aide à calmer ma respiration pendant quelques instants, me fait boire un peu d’eau et me fait revenir sur le cours mais moi je serais bien repartie en prenant mes jambes à mon cou tellement j’étais gênée et stressée.

Je termine la séance, assise sur une chaise, complètement assommée, le moral à zéro sans compter ma fierté qui en a pris un coup. 

Une séance d’essai ratée ! Je renonce.

Je me vois mal faire les aller-retours pour une activité trop limitée pour moi et qui du coup n’arrange rien à mon moral. J’attendrai d’avoir l’autorisation de retourner en piscine, dès que mes globules blancs auront franchi un minimum favorable, pour refaire une activité physique douce en balnéothérapie comme je le faisais avant le cancer, car c’est la seule activité physique qui me convient pour le moment apparemment. A suivre…

 

Mes rêves, mes projets

Pendant les traitements, nous avons tous besoin de donner un sens à notre vie car le cancer nous enlève l’innocence en nous mettant fasse à notre mort, il nous fait perdre le sens de notre vie ou pire le goût de vivre. On a beau dire devant les autres qu’on est combatif, qu’on garde le moral, mais lorsque l’on se retrouve face à nous-même, à notre douleur et notre peur de mourir, la réalité n’est plus la même et s’assombrit.

Ce qui m’a déjà donné la force de survivre et de guérir, ce sont bien-sûr mes enfants, mon mari, mes parents,.. mais lorsque la fatigue a pris le dessus, lorsque la douleur est quotidienne et que l’avenir s’obscurcit… il faut trouver des objectifs très personnels même les plus petits puis de plus en plus grands.

Pour avoir un but et sortir de la torpeur du cancer, une envie de vivre et de guérir, faire une check-list est devenu crucial pour moi. Elle me redonne des envies rien qu’à moi, même les plus folles.

Après tout, qu’est-ce que je risque à rêver ou espérer ? Je ne peux pas tomber plus bas. 

Alors je me lance dans mes rêves, mes idées de projets :

  • Pouvoir emménager dans ma maison qui commence tout juste à se construire.  Le projet est commencé, il reste juste à guérir pour pouvoir le réaliser !

  • Me mettre au piano. Cela m’occupera pendant les traitements. Je pianotais étant adolescente mais là j’ai vraiment envie de savoir jouer correctement. Projet un peu plus fou à bientôt 40 ans ! Pour cela, il me faudra déjà faire accorder le piano de ma grand-mère décédée lorsque j’avais 9 ans et qui me servait de décoration, même si c’est une décoration sentimentale, je voudrais qu’il regagne une âme. Le souvenir de ma grand-mère me redonnerait encore plus de force en faisant jouer son piano.

  • Reprendre le dessin.  Une passion qui a débuté aussi à l’adolescence et que j’ai laissé tomber par manque de temps dû aux études, à la vie professionnelle et de maman. Tout y passait pourtant, mes cartes postales préférées, ma famille, moi… J’aimais l’odeur des crayons, le calme que ça me procurait… Je crois que c’est le moment !
dav
dav
dav
  • Voyager en Thaïlande, au Viet-Nam ou en Indonésie. Je ne veux pas mourir sans avoir voyager un minimum. Je veux vivre des expériences, ouvrir mes yeux au monde. Mais pour cela, il faut achever les traitements et se battre pour survivre.
sdr
  • Pendant ma dernière grossesse (la troisième !), j’avais pris la bonne résolution de fabriquer mes produits d’hygiène et de lavage de la maison. A l’époque, je ne supportais pas les odeurs des produits chimiques et leur nocivité. C’est le comble ! Supprimer les produits chimiques de la maison (produits ménagers, déodorants, lessive, gel douche, …) et avoir un cancer principalement dû aux produits chimiques (pesticides, insecticides et autres produits toxiques !). Mais je ne laisserai pas les industries chimiques envahir ma maison et je reprendrai leur fabrication que j’avais un peu oublié avec mon embauche !

A suivre…